Mgr Dieudonné URINGI : « C’est de l’inacceptable, ce qui se passe en territoire de Djugu du diocèse de Bunia »

Publié le: 06/03/2018 à 13h20min46s

Par Radio Moto Butembo-Beni

C’est en termes que l’Evêque de ce diocèse donne de nouveau de la voix pour condamner avec énergie les massacres des civils dans cette contrée. La semaine dernière, les Evêques de la Province de Kisangani ont publié le message « ne répandez pas le sang ». Mais, au lendemain de la publication de ce message, les meurtriers ont encore tué. Le Message, n’est-il pas arrivé à destination ? On ne peut pas le dire  comme ça, répond Monseigneur Dieudonné URINGI, Evêque du diocèse de Bunia joint samedi soir par RMBB.

« Notre vie est sacrée. Personne ne peut violer notre vie. Personne ne peut profaner notre vie. Personne n’a le droit de profiter de notre  vie. C’est la demeure de Dieu. Nous devons apprendre à honorer la personne de tout homme et de toute femme. Est-ce que nous avons cette conscience ? Alors, ca veut dire que personne ne doit profiter de la vie de l’autre. La vie est sacrée. Nous devons lutter pour notre libération, nous devons lutter pour la libération de tout homme et de toute femme. Parce que c’est ca la Pacques. Sinon nous aurons la Pâque comme les juifs », alerte-t-il.

En ces moments difficiles, l’Eglise ne croise pas les bras, poursuit notre interlocuteur :

« Est-ce que quelqu’un peut se permettre de violer la vie de son prochain ? Personne n’a le droit de faire cela. Et celui qui se prend le pouvoir de faire cela est diabolique. Et nous avons tout le droit de dénoncer des choses pareilles. C’est notre devoir. Nous sommes les enfants de Dieu. ET c’est notre mission d’honorer la vie de toute personne. Dieu veut nous donner son bonheur ».

Pourquoi l’Eglise insiste-t-elle qu’il n’y a pas conflit interethnique contrairement à ce que certaines langues avancent ? Monseigneur Dieudonné URINGI a certaines raisons.

« Le message est passé. On a fait savoir toute les personnes qui peuvent nous écouter : Les autorités nationales, provinciales, et aussi toutes les communautés de la place. Tout le monde a écouté. Mais si la tragédie continue, il y a des plans que nous ne connaissons pas, mais dans tous les cas, ca continue, alors que l’autorité de Kinshasa, à travers le ministre de l’intérieur, était ici ; il y a l’armée qui est déployée, ca continue ; alors, on est en train de se poser beaucoup de questions

L’Eglise, on en a parlé, on a dit tout ce qu’on pouvait dire ;  on a donné de lumière pour dire à tout le monde qu’il ne faut pas nous faire croire que c’est une guerre ou bien des confits interethniques, non. C’est quelque part des personnes inconnues, qui, peut-être instrumentalisées par des gens qui les manipulent », indique-t-il insistant que « ce qu’on a vécu en 2009 n’était pas comme ca. Ca avait son visage. Mais ce qu’on connait actuellement, des groupes qui se lèvent et commencent à s’attaquer, à bruler, à piller, à tuer ; c’est pour quelles raisons maintenant ? »

 Lui d’ajouter qu’il ya d’autres causes et motifs et que des vrais auteurs sont ignorés pour le moment.

Pour rappel, dans leur message “ne répandez pas le sang”, l’Archevêque et les Evêques de la province de Kisangani se sont préoccupés de la présence des groupes migrants étrangers armés, tels les Mbororo dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, des soit disant  « Banyabwisha » en Ituri qui se déplacent avec de grands troupeaux de bêtes, en quête de terres arables ou de pâturage. « Ces migrants s’installent et leur présence devient une menace  permanente pour la population locale », ont dénoncé les membres de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kisangani. 

 


Publié le: 06/03/2018 à 13h20min46s
Par Radio Moto Butembo-Beni
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